C’est un produit insolite que Chitu Systems a récemment dévoilé et surtout, son imprimante 3D de destination ne semble pas être le produit le plus adapté à un tel usage. Pourtant, le PlateCycler C1M n’est compatible qu’avec la Bambu Lab A1 mini pour en faire un outil de production en série, afin d’imprimer à la chaine sans avoir à se soucier de son petit plateau et des changements de couleurs.
La proposition était assez intéressante pour que l’on ait eu envie de réaliser un test du Chitu PlateCycler C1M pour la Bambu A1 mini, seul modèle actuellement pris en charge par le système de changement automatisé de plaque d’impression. A nous les impressions en continu pour être encore plus productif qu’avec une machine de grand format !
Présentation du Chitu PlateCycler C1M
Le PlateCycler C1M de Chitu Systems est un kit d’automatisation spécifiquement dédié à la Bambu Lab A1 mini. Il transforme cette petite imprimante “bedslinger” en une véritable micro-usine capable de produire des pièces en série sans intervention humaine.
On restera en interrogation du pourquoi ChituSystems a choisi la Bambu Lab A1 mini alors que celle-ci offre l’un des volumes les moins importants du marché (180 x 180 x 180 mm). Choisir le modèle supérieure, la Bambu A1, aurait certainement été plus populaire et plus adapté à une production en série. Mais l’A1 mini est capable de travailler sans peine, certains makers affichent plusieurs milliers d’heures à leur compteur, et c’est sûrement un coup d’essai pour la marque qui déclinera son PlateCycler à d’autres imprimantes 3D. Bien sûr, les CoreXY sont exclues et il faudra rester sur ce format “bedslinger” comme les Creality Ender-3 V3, Prusa Mini, etc.
D’origine, le PlateCycler C1M pour A1 mini est livré avec quatre plaques de PEI texturé ou texturé/lisse (recto/verso). On peut mettre à disposition jusqu’à dix plateaux pour des changements automatisés en grande série, à un prix abordable (actuellement 33,70 € les quatre PEI chez Chitu Systems).
Il est cependant possible de réutiliser les plaques officielles Bambu puisque même si celles-ci ne sont pas équipées de la pièce en plastique pour les tirer et les éjecter, Chitu propose d’imprimer soi-même cet élément qu’il faudra visser après avoir percé le PEI. Mais les PEI officiels coûtent plus cher (20 € l’unité), ce n’est donc pas l’option recommandée pour avoir un stock de PEI pour le PlateCycler.
Précisons que l’ajout de ce module ne modifie pas la structure même de l’imprimante. On pourra facilement retirer, sans trace, le PlateCycler et retrouver une A1 mini d’origine. On ne doit pas non plus flasher le firmware ou le modifier pour profiter de l’impression en série, tout se fait au niveau des fichiers 3D. Il n’y a donc pas de perte de la garantie Bambu Lab en utilisant ce système. Ce n’est donc pas un “hack” mais un “add-on” accessoire.
Enfin, il faut noter que ce n’est pas Bambu Lab qui propose cette mise à niveau, l’accessoire n’est pas disponible sur la boutique officielle du constructeur d’imprimantes 3D mais uniquement chez Chitu Systems et de potentiels revendeurs.
Voir le PlateCycler C1M sur notre comparateurLa vidéo officielle de présentation avec une A1 mini résume les avantages d’utiliser un tel système.
Déballage et montage du système PlateCycler C1M
Commençons par ouvrir le carton qui contient les éléments de plastique, quelques ressorts, une vis et deux clés Allen (une seule sera utile, d’ailleurs).
Il faut tout d’abord prévoir une large place pour l’imprimante qui voit son empattement allongé. Les dimensions latérales n’évoluent pas mais la profondeur (derrière et surtout devant la machine) nécessitent au minimum 80 cm d’espace au total, au minium sans compter l’accumulation des plateaux qui seront déchargés. Cela ne rentre plus sur un bureau standard, à moins de tourner l’imprimante sur la longueur du plan de travail.
Comme tout appareil de ce type, il est recommandé de commencer par lire le manuel d’installation et regarder la vidéo correspondante, si elle existe. C’est le cas chez ChiTu qui montre assez bien les étapes à suivre pour mettre en place le PlateCycler. Compter moins de trente minutes du début à la fin, l’opération est facile à réaliser et illustrer ci-dessous.
L’installation du Plate Cycler C1M sur la Bambu Lab A1 Mini est pensée pour être rapide et non invasive puisqu’elle ne demande aucune modification structurelle qui pourrait annuler la garantie du fabricant.
L’originalité de ce système réside dans son fonctionnement entièrement passif car il ne nécessite aucune connexion électronique supplémentaire ni moteur externe. Le mécanisme exploite les mouvements naturels des axes de l’imprimante Bambu Lab pour déclencher le changement de support. Lorsqu’une impression est terminée, un levier va libérer le plateau magnétique utilisé qui est alors éjecté vers l’avant de la machine, tandis qu’un nouveau plateau vierge descend du chargeur par gravité pour prendre sa place sur le lit chauffant. Ce PEI est ensuite “tiré” pour prendre place sur le lit et l’impression se poursuivra.
Acheter un PlateCycler C1M chez Chitu Systems
Test de fonctionnement (simulation)
Chitu Systems propose de télécharger un 3MF de vérification du bon fonctionnement de son appareil. Ce fichier va actionner l’imprimante et le PlateCycler pour effectuer des changements de plateau, une simulation sans impression suffisante pour s’assurer que le système fonctionne bien ou pour ajuster quelques réglages, notamment la descente des plateaux depuis le chargeur.
La vidéo ci-dessous est accélérée (25x), le processus complet de test dure 8 minutes. Je n’avais que 4 plateaux dans le chargeur mais le processus fait le changement 10 fois pour ce test de fonctionnement, c’est pour cela que les mouvements de la deuxième partie sont “dans le vide”.
Préparer des fichiers à l’impression 3D en série
L’utilisation du Plate Cycler nécessite de préparer les fichiers GCODE / 3MF pour y ajouter les instructions spécifiques. C’est le rôle de l’outil en ligne de Chitu qui propose, assez simplement, de déposer le(s) fichier(s) déjà tranchés pour ajouter les instructions de déplacement pour changer de plateau. Un exécutable au format Windows est aussi proposé (PlateCycler.exe sur le même site).
Processus complet
En premier lieu, on fait comme d’habitude : on télécharge un 3MF / STL depuis une bibliothèque en ligne ou on modélise soi-même. On importe ça dans le slicer, par exemple Bambu Studio pour l’A1 mini, et on prépare les modèles à l’impression (couleur, paramètres…). La gestion des plateaux est importante puisque l’on va définir quels objets seront imprimés sur la même plaque pour regrouper par couleur, matière et diviser par taille. L’ordre des plateaux importe peu car nous pourrons le modifier plus tard avec l’outil de Chitu.
On termine donc par trancher tous les plateaux et exporter tous les fichiers tranchés depuis le slicer.
La suite se passe sur le site platecycler.chitusystems.com. On charge le fichier exporté du slicer pour organiser l’ordre d’impression des plateaux, vérifier les consommations estimées de matière, les durées d’impression, etc. On peut ensuite donner un nom personnalisé au fichier de sortie (“Custom File Name” qui se terminera par .platecycler.3mf) et on peut aussi imprimer plusieurs séries de la séquence (“Loop Repeats“). On clique enfin sur “Generate File” pour obtenir le fichier qui sera à fournir à l’imprimante, fichier 3MF implémenté du code spécifique pour gérer les changements automatisés de plateau.
Pour rappel, la Bambu A1 peut lire les cartes micro SD, pas les clés USB, mais on peut aussi demander l’impression à distance du fichier PlateCycler en l’ouvrant dans Bambu Studio et l’imprimer directement (sans re-trancher).
Enfin, la dernière étape est de demander l’impression du fichier 3MF généré par PlateCycler après avoir mis en place la pile de plateaux. On peut évidemment avoir un stock de quatre pour n’en utiliser que trois. L’inverse sera plus problématique 😉.
On peut imprimer hors ligne, pas besoin de garder une connexion internet active, à l’exception de si l’on veut surveiller les impressions à distance par la caméra intégrée à la machine à travers Bambu Studio ou Bambu Handy sur mobile.
Vidéo timelapse d’impression 3D avec Chitu PlateCycler C1M
Cette vidéo montre le fonctionnement en impression de trois plateaux. La durée réelle est 100 fois plus longue.
Comparer les gcode
On peut se demander ce qui est modifié dans le fichier 3MF pour que le système de Chitu fonctionne. Pour rappel ou information, un fichier 3MF est une sorte d’archive compressée qui contient de multiples fichiers dont du G-code. On peut facilement les voir en renommant par exemple le ficher.3mf en fichier.zip et en l’ouvrant pour voir le contenu. Le dossier “Metadata” contient les gcode qui s’ouvrent avec un simple éditeur de texte (Bloc-notes, Notepad++, TextEdit…).
Retour à nos gcodes de PlateCycler C1M. Le code de la version finale est bien plus gros que ce qui sort de Bambu Studio :

On peut comparer les deux fichiers avec Diffchecker (lien vers ces fichiers) pour voir les ajouts de PlateCycler. A gauche le fichier Bambu Studio, à droite celui de Chitu. Bon courage !

Dans un fichier standard, le G-code se termine par une extinction totale des chauffes (M104 S0 et M140 S0). Dans un fichier modifié par Chitu Plate Cycler, le gcode ne coupe pas le plateau (M140) entre les changements pour gagner du temps et réinsère les commandes de nettoyage de buse et de calibration au début de chaque nouveau plateau pour garantir la meilleure qualité d’impression. Le code recommence à zéro (home, chauffe, purge de la buse) autant de fois qu’il y a de plateaux prévus.
Il y a aussi l’éjection du plateau. A chaque fin de plateau, le programme PlateCycler ajoute une séquence de mouvements propre à son mécanisme par ces étapes.
| Action | Gcode standard | Gcode PlateCycler |
| Fin d’objet | Coupe les chauffes et rentre en position Home | Garde le plateau chaud |
| Positionnement | Souvent G1 Y200 pour présenter la pièce | G1 X90 Y195 : coordonnées précises pour engager le levier |
| Ejection | Aucune | Mouvement forcé vers l’arrière pour pousser le plateau hors du lit |
| Attente | M84 (coupe les moteurs) | G4 P1000 : pause pour laisser le nouveau plateau se magnétiser |
Remarque : même sans posséder un PlateCycler C1M, le site est en accès libre (sans compte) pour découvrir, s’amuser et comparer les fichiers 3MF de votre choix.
Comment bien imprimer par lots
Vous l’avez vu dans les vidéos ci-dessus, les PEI sont éjectés devant l’imprimante et se superposent, pouvant décoller les objets imprimés mais aussi les abimer ou créer un amoncellement qui pourrait bloquer le système. Pour éviter cela, Chitu propose d’imiter les fermes d’impression 3D en plaçant une boite devant la machine, en contrebas, avec de la mousse au fond, pour récupérer les plateaux.
Cela n’empêchera pas les plaques de se retrouver les unes au-dessus des autres. Il faudra donc éviter d’imprimer des objets trop fragiles, à moins de mettre en place un convoyeur / tapis roulant devant la A1 mini pour déplacer les plateaux qui tombent de l’imprimante. En sachant qu’il faudra aussi gérer leur stockage une fois déplacés.
Si vous déplacez l’imprimante, le chargeur de plateaux à l’arrière peut se décaler d’un ou deux millimètres et suffira à empêcher le chargement correct du nouveau plateau. Un simple réalignement manuel règlera le problème et le fichier de test (la simulation) est là pour vérifier que tout est en ordre avant la prochaine production.
Un bon “cable management” est aussi recommandé puisque la tête d’impression pourrait accrocher le levier de l’axe Z et la pièce de plastique Chitu qui empêche le gondolement du câble d’origine du plateau peut sortir de son ergot et ainsi perturber le dépôt des plateaux sur le lit chauffant.
Améliorations et maintenance
Rappelons qu’il n’y a pas de firmware pour le PlateCycler donc pas de mises à jour à gérer et le système est ainsi épargné de bugs logiciels. Il n’y a pas trop à s’inquiéter quant à la durée de vie du produit. Un élément de plastique pourrait casser et pour cela, Chitu Systems propose de les réimprimer soi-même à partir des fichiers mis à disposition sur Printables.
La maintenance est facilitée et on ne devrait pas avoir à contacter ChituSystems pour un quelconque problème.
On pourrait craindre pour la tenue en ligne (et gratuite) du service de tranchage mais le téléchargement de l’exécutable (Windows uniquement) peut nous rassurer quant à la possibilité de continuer à utiliser l’appareil, hors ligne, même si ChiTu Systems change d’avis.
La seule question sera alors de voir si d’autres modèles d’imprimantes 3D seront éligibles. L’avenir nous le dira !
A qui s’adresse le PlateCycler C1M de ChiTu Systems ?
Clairement pas à tout le monde. Non pas que ce soit spécialement difficile à installer ou à utiliser mais il faut surtout avoir besoin de beaucoup imprimer pour justifier l’achat de cet add-on qui permet de faire tourner son imprimante 3D 24h/24, ou presque.
Aussi, cela ne s’adresse aux propriétaires (ou futurs clients) d’une A1 mini, quand celle-ci est plutôt réservée aux débutants en fabrication additive.
Quoi qu’il en soit, on est face à un produit fonctionnel, abordable (moins de 70 €) qui transforme une simple imprimante 3D en outil de production pour imprimer à la chaine. Celles et ceux qui impriment des HueForge à la chaine ou des séries d’objets pourront lancer une tâche et revenir le lendemain ou le lundi matin avec une production prête à vendre.
Notes et conclusion
Fiabilité - 8.5
Logiciel - 8.5
Utilisation - 9
Rapport qualité / prix - 9
8.8
/10
- Facile à installer
- Prise en main rapide
- Qualité des impressions préservée
- Fichiers 3D pour réparer
- Prix de vente
- Prix des PEI supplémentaires
- Uniquement compatible A1 mini
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Dommage que je n’ai plus la A1 mini sinon c’est le genre d’accessoire que j’aurais bien voulu essayer même si à bien réfléchir ça ne m’aurais servi à rien 😄