Dernières nouvelles
Accueil / Interview / Interview : OpenReflex version 2
OpenReflex v2

Interview : OpenReflex version 2

Il y a un an quasiment jour pour jour, nous vous présentions l’OpenReflex, un appareil photo reflex argentique à fabriquer soi-même grâce à l’impression 3D. A l’occasion du lancement d’une campagne de financement participatif pour une version 2 plus aboutie, plus simple et mieux documentée, nous avons pu questionner son inventeur, le Français Léo Marius.

Bonjour Léo, pouvez-vous présenter votre parcours et votre activité actuelle ?

Bonjour, je suis designer formé à l’école supérieure d’art et design de Saint-Etienne, diplômé en 2013. Au cours de mes études, je me suis spécialisé (par moi-même) sur l’impression 3D et ses usages. J’ai également beaucoup travaillé dans le milieu associatif sur des projets Open Source, en particulier avec l’association étudiante Le_Garage dont j’ai été président durant deux années.

Aujourd’hui, je suis designer en freelance, je viens de finir un stage d’observation au FabLab Lisboa au Portugal et je travaille sur un projet de FabLab à Saint-Etienne tout en réalisant de petites missions de conception/impression à côté.

OpenReflex KKBKComment est venue l’idée de créer un appareil photo Open-Source ?

L’idée derrière ce projet était de montrer que les imprimantes 3D domestiques (dépôt de fil, RepRap, etc.) étaient capables de fabriquer des objets complexes, fonctionnels et utiles, au-delà des portes clés et têtes de Yoda qu’on voit partout.

L’appareil photo c’est avéré être un bon objet pour ça, avec une mécanique complexe, mais un fonctionnement global simple, une échelle imprimable et un usage qui va avec.

Dans l’esprit Open Source, c’était aussi intéressant pour moi d’ouvrir la “boîte noire”.

Et puis bien évidemment, j’aime bien la photographie, on m’avait offert toute un carton de vieux appareils il y a quelques temps, c’était l’occasion de fouiller dedans et d’en tirer quelque chose de nouveau.

 

Quels sont les avantages de pouvoir imprimer son reflex ?

L’un des principaux avantages est le fait qu’il soit Open Source, ça signifie qu’on a accès à tous les fichiers sources qui ont permis à sa conception et que l’on peut également les modifier.

A partir de là, il est simple de modifier la bague qui va recevoir l’objectif (la seule pièce non-DIY) et l’adapter à n’importe quel objectif photo. De cette manière, on va pouvoir adapter sans souci tous ses objectifs de reflex classique, Canon, Nikon, Sigma, Tamron, mais aussi ceux d’appareils plus anciens tels que de vieux appareils à soufflets ou même des objectifs de chambre photographique qu’on aurait récupéré.

De même pour les dos du boitier, on pourra adapter des pellicules normales en modifiant la pièce, du moyen format, mais aussi des Polaroid voire même des plans films ou des surfaces sensibles DIY.

 

Quelles en sont les limites actuelles et comment les surmonter ?

L’appareil est encore trop complexe et la documentation n’est pas assez claire pour permettre une bonne diffusion et une réappropriation de l’appareil.

En particulier l’obturateur qui est encore très limité, pas stable ni régulier. Je travaille actuellement à l’améliorer en intégrant un mécanisme avec des ressorts de récupération mais j’ai également d’autres idées et pistes à explorer.

Améliorer les assemblages également, au lieu d’utiliser des encoches improbables (basées seulement sur le test et la chance sans aucune cotation) pour assembler les pièces, intégrer des alignements avec des aimants et des blocages avec des vis imprimées, etc.

Beaucoup de petites solutions ne demandent qu’à être intégrées.

 

Est-ce compliqué de créer son appareil photo pour un amateur ?

En suivant pas à pas le guide en ligne, pas tant que ça. Une fois toutes les pièces imprimées, ça demande une heure ou deux pour l’assemblage sans compétences particulières et ensuite une ou deux pellicules d’ajustement avant de commencer à maîtriser l’appareil et prendre convenablement des photos.

La difficulté reste encore la réalisation de ses propres pièces sur mesure.

L’objectif de la version 2 est vraiment de mieux documenter toutes ces démarches et de rendre la fabrication et l’utilisation de cet appareil simple et accessible pour un enfant de 10 ans.

 

Photos OpenReflex

Quid de la compatibilité avec les boîtiers et objectifs les plus courants (Canon, Nikon, Sigma, Tamron, etc.) ?

Comme dit plus haut, on va pouvoir imprimer des bagues d’adaptation sur mesure donc sans trop de difficulté puis pouvoir les monter sur son OpenReflex.

Le problème essentiel vient de l’électronique de plus en plus présente dans les objectifs pour les contrôles de l’ouverture ou même de la mise au point.

Des personnes ont déjà fabriqué des bagues de “hacking” pour contrôler certains de ces objectifs donc des solutions existent et ne demandent qu’à être adaptées pour l’OpenReflex.

 

Comment se finance le projet ?

Le prototype initial a été développé dans le contexte de mon diplôme en design. J’ai bénéficié d’une petite bourse de mon école (l’ESADSE) d’un peu moins de 500€ pour le diplôme ainsi que des facilités du statut étudiant.

Pour la prochaine version, je fais appel à la communauté pour m’aider à boucler mon budget. Je souhaiterais pouvoir travailler au minimum entre deux et trois mois à temps plein pour aboutir sur une nouvelle version, faire des tests de matériaux, peut-être même faire appel à l’industrie classique pour la fabrication de certaines pièces bien spécifiques. Tout cela a un coût et je compte sur la générosité des internautes et des passionnés de photo qui souhaiteraient voir ce projet aboutir pour m’aider dans cette démarche. L’objectif serait de pouvoir ensuite produire des kits d’OpenReflex, de pouvoir animer des ateliers “photographie et impression 3D” et réussir à dégager un certain revenu avec cette activité pour pouvoir continuer son développement.

Si la campagne dépasse ses objectifs, je ferai probablement appel à un graphiste et un spécialiste en électronique pour m’aider.

 

Quelles machines utilisez-vous pour réaliser vos prototypes ?

J’utilise essentiellement une imprimante 3D MakerBot Replicator 2 que j’ai gagné lors d’un concours sur Instructables avec le premier prototype de l’OpenReflex (merci Instructables et Audodesk !)

 

Electronique et pièces OpenReflexAvez-vous des projets de développement à plus ou moins long terme ?

J’aimerais vraiment réussir à rassembler une communauté active autour de ce projet, lui permettre de continuer d’évoluer sans avoir forcément besoin d’un développeur dédié. Aussi mettre en place un site communautaire qui mêlerait boutique et espace communautaire de développement.

 

Votre impression sur le site LesImprimantes3D.fr ?

J’ai découvert un site plutôt agréable avec des articles bien rédigés, assez pointus mais accessibles. Et votre forum à l’air également assez actif, ce qui est une bonne chose. Bonne impression jusque là, je bookmark !

 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je les remercie d’avoir lu jusqu’au bout et les remercie par avance pour leurs soutiens dans la campagne. Je rappelle que le projet est Open Source et que si la campagne est un succès, l’ensemble des fichiers et de la documentation seront gratuitement disponibles au téléchargement au fur et à mesure du développement. Si chacun donne un ou deux euros sur cette campagne, ça devrait donner un bon coup de pouce au projet !

 

Merci Léo d’avoir répondu à nos questions, en tant qu’amateurs de photographie on souhaite aussi que la campagne KKBK soit un réel succès et on invite tous nos lecteurs à s’y rendre et pourquoi pas y contribuer.

A propos de Les imprimeurs 3D

Les imprimeurs 3D
Compte mutualisé pour les articles à contributeurs multiples.
Les imprimeurs 3D
Les imprimeurs 3D

Derniers articles de Les imprimeurs 3D (see all)

A lire

interview eMotion Tech MakerFaire Lille 2016

eMotion Tech MicroDelta Rework : un de ses concepteurs nous dit tout

Lille – Toulouse en voiture, ça fait 896,4 km et 8h31 de trajet. Et bien …

Laisser votre impression

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *