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FreeLabSter : l’interview “imprimé ou remboursé”

FreeLabster est un service sous la forme d’un portail web qui permet de mettre en relation des possesseurs d’imprimante 3D avec des clients désirant imprimer une pièce. Un service d’impression 3D comme on en recense déjà un bon nombre dans notre annuaire des professionnels de l’impression 3D.

Nous aurions pu vous relayer leur communiqué de presse tel quel mais nous étions curieux de savoir ce que pouvait réellement proposer un service de plus de ce genre, avec tant de confiance… D’autant plus face à des sociétés comme 3D Hubs, leader dans le domaine. C’est pour cette raison que nous avons préféré vivre l’expérience FreeLabster et ajouter une dimension humaine (si chère à FreeLabster) dans cet article.

Nous vous proposons donc une série de deux articles :

  • Une interview du fondateur de FreeLabster,
  • Notre expérience d’une certification.

Bonne lecture.

PS : FreeLabster ne nous est pas inconnu. Nous avions rencontré l’équipe au MaketFaireParis 2016. Son stand se situant en face de celui d’eMotionTech, on ne pouvait pas le rater.

L’interview de Benjamin PESTEL, fondateur de FreeLabster

Nous avons essayé de retranscrire au mieux l’interview que nous avons pu faire avec le fondateur de FreeLabster : Benjamin Pestel. Pour ne rien vous cacher, lors de cette interview, nous avons beaucoup discuté avec Benjamin, comme deux passionnés de l’impression 3D qui se rencontrent. Alors forcément, de temps en temps, on est un peu sorti du cadre des questions prévues.

LesImprimantes3D.fr : Pouvez-vous nous décrire votre équipe et le rôle de chacun au sein de FreeLabster ?

Benjamin Pestel : Nous sommes trois fondateurs de FreeLabster mais l’équipe est composée de cinq personnes : deux développeurs Full-Stack, un chargé de communication, une personne chargée de la partie gestion administrative et moi-même qui dirige FreeLabster.

LesImprimantes3D.fr : Comment vous est venue l’idée de FreeLabster ?

Benjamin : J’ai déjà travaillé sur une Start-Up mettant en place un service sur l’ “Ubérisation” d’un secteur. Je me suis passionné pour l’impression 3D et il m’a semblé intéressant et prometteur d’associer l’ “Ubérisation” à l’impression 3D.  Après une étude des solutions existantes, j’y ai trouvé quelques lacunes et j’ai décidé de faire autrement. Nous avons créé une solution qui n’a pas encore défini sa stratégie finale mais elle est clairement axée grand public avec la possibilité de commander rapidement. Nous essayons de suivre au mieux les principes du “Lean Startup” afin d’améliorer nos services.

LesImprimantes3D.fr : 3DHubs est actuellement le leader sur ce secteur, comment vous différenciez-vous ?

Benjamin : J’aime bien cette question…  3DHubs a commencé très tôt sur ce marché pas encore mature. Notre philosophie est un peu différente de 3D Hubs. Nous assurons au client la livraison de la pièce conforme à ses souhaits. Si nous pouvons assurer ce service c’est que nous connaissons nos FreeLabsters qui ont été certifiés par nos soins.  Ainsi, nous dirigeons nos clients vers les FreeLabsters qui seront à même de finir à bien le projet du client. S’il y a par malchance une défaillance d’un FreeLabster, nous avons des partenariats avec des FabLabs qui peuvent prendre le relai. Dans le cas ultime où la pièce ne peut pas être imprimée, le client est remboursé. Notre devise est “pièce imprimée ou remboursée” !

LesImprimantes3D.fr : Comment se fait la mise en relation entre le client et le FreeLabster ?

3D Slash dans FreeLabster
3D Slash dans FreeLabster

Benjamin : L’objectif est que le client arrive sur notre site comme sur n’importe quel site de e-commerce. Il peut choisir une pièce déjà existante, déposer les plans de son propre objet ou bien encore le modéliser directement sur notre site avec 3D Slash. Tout est fait pour que l’expérience cliente soit la plus fluide possible. Une fois sa pièce commandée ou déposée sur notre site, les FreeLabsters éligibles à sa réalisation reçoivent une alerte. Ils peuvent étudier la pièce et les spécificités de la commande. S’ils sont intéressés, ces FreeLabsters donnent un prix pour la commande. Le client n’a plus qu’à choisir le Lab qui lui convient. Nous voulons privilégier une relation du type client/artisan et donner une dimension humaine à l’impression 3D.

LesImprimantes3D.fr : L’impression 3D a un processus de réalisation assez complexe. Comment le client et le FreeLabster communiquent-ils afin de mener à bien cette réalisation ?

Benjamin : Un fil d’actualité par projet est mis en place. Le client peut ainsi suivre l’évolution de la construction de sa pièce jusqu’à la livraison. Un espace de discussion type chat est mis en place entre le client et le FreeLabster pour échanger sur le projet. En revanche, l’envoi de photos n’est pas encore possible.

LesImprimantes3D.fr : Si un FreeLabster se rend compte qu’il n’arrive pas à imprimer une pièce, comment cela se passe ?

Benjamin : Nous avons un bouton d’alerte que le FreeLabster peut activer. Cela le met directement en contact avec nous et nous pouvons le conseiller. S’il n’arrive toujours pas à résoudre le problème, comme nous l’avons dit au début de l’entretien, nous avons un réseau de FabLabs qui peut prendre le relai sans surcoût pour le client. Tout est fait pour garantir au maximum la livraison au client de la pièce.

LesImprimantes3D.fr : Existe-t-il un système de pénalité pour les FreeLabster ?

Benjamin : Nous avons mis en place un système de “strike” : au bout de trois strikes, le compte du Freelabster est fermé. Un strike est : un mauvais comportement dans la communauté, un mauvais comportement envers un client, un client mal servi sans pour autant avoir essayé de faire au mieux. L’idée est de garder uniquement des gens bienveillants et qui veulent véritablement apporter quelque chose à la communauté et à nos clients.

LesImprimantes3D.fr : Une fois l’impression réalisée, comment s’effectue la livraison ?

Benjamin : Si l’emballage des réalisations est à la charge du FreeLabster, nous nous occupons en revanche de la génération d’un bordereau d’envoi que le FreeLabster n’a plus qu’à coller sur son colis pour l’expédition. Il le dépose dans le relais colis le plus proche est c’est fini. Tout est fait pour que le FreeLabster n’ait pas un sou à débourser. Nous travaillons actuellement sur la possibilité d’envoyer un colis via La Poste.

LesImprimantes3D.fr : Il existe plusieurs certifications de FreeLabster, qu’est-ce qui les différencie ?

Les trois certifications FreeLabster
Les trois certifications FreeLabster

Benjamin : Il en existe trois : argent, or et platine. Je préfère garder secret les critères d’obtention de ces trois certifications. Dans tous les cas, nous sommes intransigeants sur cette certification. Des candidats à la certification l’ont déjà ratée. Cette certification est là pour valider l’engagement du futur FreeLabster et nous renseigner sur la personne avec qui l’on va travailler. Nous voulons des FreeLabsters passionnés.

LesImprimantes3D.fr : Avez vous quelques chiffres sur le nombre de FreeLabsters, clients et commandes ?

Commande d'un porte-stylo style veronoi.
Commande d’un porte-stylo style veronoi.

Benjamin : Oui, nous avons actuellement environ 600 Labs certifiés ou en cours de certification. Il faut savoir qu’il y a à peu près 80% des demandes de certification qui vont jusqu’à leur terme. Nous recevons en ce moment entre 30 et 40 colis par semaine à certifier. En ce qui concerne les clients, nous n’avons pas encore réellement communiqué auprès de ces derniers depuis le lancement de la plateforme début juillet mais nous avons déjà eu une cinquantaine de demandes. Le prix du panier moyen d’une commande se situe aux alentours de 20 euros.

LesImprimantes3D.fr : Peut-on gagner sa vie en tant que Maker sur FreeLabster ?

Benjamin : Soyons franc, je ne pense pas. En revanche, un Maker peut rapidement rembourser l’achat de ses bobines et ainsi financer sa passion, ce qui est à mon sens déjà bien. En ce qui concerne le volume de commandes, on s’attend dans un premier temps à une vague de clients qui vont tester l’expérience de se faire imprimer un objet en 3D.

LesImprimantes3D.fr : Des nouveautés à venir ?

Benjamin : Nous travaillons actuellement sur une application iPhone permettant à un client de dessiner au crayon noir les contours d’un objet. L’application lui donne ensuite le relief désiré avec la possibilité de demander directement à un FreeLabster une impression de son modèle.

Nous travaillons aussi sur une version Pro qui donnera la possibilité à tout un chacun de proposer un site de e-commerce proposant sa sélection de modèles. Ce site dédié aura FreeLabster comme BackOffice pour la réalisation et l’envoi des commandes.

LesImprimantes3D.fr : Qu’avez-vous comme imprimante 3D ?

Benjamin : Nous avons actuellement une Zortrax M200, une Utimaker Original et une Ultimaker Extended 2+. Nous pensons aussi faire l’acquisition d’une Raise 3D

 

Durant toute l’interview, nous avons eu le sentiment que Benjamin maîtrisait son sujet. Il a bien compris que l’impression 3D est un process compliqué et qu’il doit s’appuyer sur une communauté solide de passionnés. Benjamin a bien conscience qu’un FreeLabster ne va ni devenir riche ni même gagner sa vie mais bien rembourser sa passion et c’est déjà pas mal !

Fort de ses précédentes expériences, Benjamin a décider d’appliquer les concepts de “Lean StartUp” pour FreeLabster et c’est pourquoi son service est en évolution permanente. L’équipe de FreeLabster ne manque pas d’idées et va donc les tester au fur et à mesure.

Souhaitons à FreeLabSter le succès qu’ils méritent !

A propos de Cyrille

Cyrille

Cyrille

Informaticien et entrepreneur. Fondateur de KeyConsulting et Postclass. Maker en tout genre et passionné par l'impression 3D.
Cyrille

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2 COMMENTAIRES

  1. “LesImprimantes3D.fr : Peut-on gagner sa vie en tant que Maker sur FreeLabster ?

    Benjamin : Soyons franc, je ne pense pas. En revanche, un Maker peut rapidement rembourser l’achat de ses bobines et ainsi financer sa passion, ce qui est à mon sens déjà bien. En ce qui concerne le volume de commandes, on s’attend dans un premier temps à une vague de clients qui vont tester l’expérience de se faire imprimer un objet en 3D.”

    Désolé, en France il est interdit de faire du commerce même à petite échelle si cette activité est régulière sans avoir crée au préalable au minimum au moins une micro ou une petite entreprise.
    Donc ce que vous proposé la est purement et simplement illégale pour un particulier.

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